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Thiercelin, sept générations couleur safran

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DEPUIS LA NUIT des temps, les plantes et les épices ont fait la fortune des hommes, non sans aiguiser leur appétit de conquête et leurs instincts colonisateurs. A la chute de l’Empire romain, le poivre, qui servait de monnaie d’échange, était déjà la matière première la plus contrefaite. Compagnies des Indes, comptoirs et monopole : la mainmise sur ces richesses forgea tour à tour la puissance des Vénitiens, des Portugais et des Hollandais qui mirent du piquant dans l’Europe de la Renaissance jusqu’à la fin du xviie siècle.
        Pithiviers, 1809. Alors que la ville abat ses murailles, Jean Thiercelin, vigneron de son état, acquiert un terrain sur lequel s’élève encore l’une des vieilles tours d’enceinte dite porte d’Orléans. Il y installe illico un commerce de produits agricoles locaux. Au fil  des générations, Jean, Fraçois et Louis Thiercelin feront évoluer le métier de vinaigrier en épicier et finiront par ne plus vendre qu’un unique produit : le safran. On ne le sait plus, mais la Beauce et le Gâtinais furent pendant cinq siècles des régions où l’on cultivait à perte de vue des champs de Crocus Sativus, fleur dont les pistils séchés donnent les stigmates de safran.
Denrées exotiques
A la fin du xixe siècles, l’heure est aux Expositions universelles qui révèlent de nouveaux industriels et aux empires coloniaux qui favorisent le commerce des denrées exotiques. Pondichéry, Yanaon, Mahé, Karakalé, Chandernagor... la France entière apprend par cœur la liste de ses glorieux et lointains comptoirs tandis qu’à Paris, les grands épiciers tiennent le haut du pavé. Hédiard offre à Alexandre Dumas le premier ananas jamais goûté en France, Fauchon s’établit place de la Madelaine. A la même époque, Thiercelin commercialise jusqu’à trente mille kilos de safran par an, exportés dans le monde entier grâce à un bataillon d’agents installés à Beyrouth, Saint-Pétersbourg, Alger, San Francisco, Delhi...
Cet âge d’or qui durera jusqu’à 1914, l’entreprise le doit à Lucien Thiercelin, représentant de la qutrième génération. Passé par Saint-Cyr, l’homme a le négoce dans le sang - et ce que l’on n’appelle aujourd’hui le sens du marketing. Tout en créant le premier laboratoire de contrôle de qualité en France, il cible sa clientèle avec des courriers circonstanciés adressés aux ambassades et aux consulats, mais aussi aux herboristes, aux liquoristes, aux cuisiniers. Bientôt, il élargit ses activités marchandes aux produits coloniaux et aux épices...avec un œil sur sa descendance.

Contrôleur du plan Marchall

Père de cinq enfants dont quatre filles, Lucien Thiercelin prend en main le destin de son fils unique Jean. Dès l’âge de 7 ans, celui-ci part en Angleterre apprendre l’anglais, puis l’allemand en Allemagne et enfin l’espagnol en Espagne. Trilingue, le jeune homme présente alors toutes les aimables dispositions pour la diplomatie. La grippe espagnole qui emporte son père en 1921 oblige le jeune Jean à reconsidérer la situation. Très vite, il se met à importer mille plantes et vanilles revendues à la crème de la pharmacopée et de la parfumerie. Polyglotte, l’homme a cependant un autre fer à feu. Tout en présidant aux destinées de la firme familiale déjà plus que centenaire, il œuvre pour la Société des Nations. Puis, l’ambassade des Etats-Unis à Paris l’emploie en qualité de contrôleur du plan Marshall, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A la fin des années quarante, la maison Thiercelin quitte Pithiviers pour Yèvre-le-Châtel, petit broug voisin où la famille possède sa gentil-hommière. Raymonde Thiercelin, la seconde femme de Jean, prend la direction des opérations pour éviter à son époux d’être à la fois au four et au moulin...à poivre.
Père de dix enfants, Jean Thiercelin a vite repéré que seul Jean-Marie, l’aîné du deuxième lit, se passionne pour l’entreprise familiale. Les années passent. Déboires et querelles : la saga Thiercelin se met à ressembler à bien des feuilletons familiaux industriels français chahutés par les Trente Glorieuses. En 1976, Jean-Marie Thiercelin fait table rase du passé. Il fonde avec son épouse espagnole Enriqueta la société Tradimpex-Jm Thiercelin qui replante le décor tout en reproduisant le même schéma commercial que ses aïeux. Safran, poivres, vanilles, épices en magasin, qualité, tradition, constance, expérience et expertise en héritage.

Un empire de graines

Originaire de Valence, Enriqueta  Thiercelin s’investit corps et âme et glisse quelques zestes d’orange dans le métier. Aujourd’hui basée à La Queue-en-Brie après un bref passage à Paris, la société au capital toujours100% familial, spécialisée dans la transformation et le commerce de produits végétaux aromatiques naturels, fournit les industries alimentaire, aromatique et cosmétique. Mais aussi les plus grands, d’Alain Ducasse à Pierre Gagnaire, de Guy Savoy à Joël Robuchon, et des particuliers fins palais.

Goumanyat et son royaume

Ayant fait de la revente directe la clé de son succès, la maison Thiercelin n’a jamais opéré avec pignon sur rue. Ouvert rue de la Michodière, à deux pas de l’Opéra Garnier, en 1995 sous enseigne Goumanyat et son Royaume, le premier magasin de détail de la famille inaugura alors une ère nouvelle. Trop à l’étroit, Goumanyat déménage fin 2002 pour les alentours immédiats du Carreau du Temple. Aucun effet d’annonce, décor discret : l’endroit semble avoir ici toujours existé. Et les gourmets curieux d’y passer de longs moments avant de se livrer à un merveilleux petit marché de fleurs séchées pour la cuisine - bleuet, coquelicot, ortie blanche, sureau -, d’arômes culinaires de frangipanier, jasmin ou seringa, de miels de rhododendron ou de bruyère, de champignons sylvestres, truffes, farines, huiles, vinaigres, moutardes, condiments, boutargue, sels de mer, etc. Proposés entiers, triturés ou moulus, les poivres et épices, qui proviennent également des meilleures plantations, font l’objet d’une présentation argumentée et commentée avec brochures illustrées à l’appui. Souvent sur place, Jean-Marie Thiercelin, auprès de qui auteurs de livres de cuisine, photographes gastronomiques et cuisiniers anonymes viennent quérir conseil et produits, connaît  son affaire. En quelques mots précis, il explique origines et usages du carvi noir, de la cardamome blanche, du sésame doré, du galanga et de la maniguette. Et démêle les fils entre vrais poivres Sarawak, Malabar ou de Tasmanie et faux poivres roses ou de Szechuan. Quant au safran, en stigmates, trituré ou en poudre, il relève et dore aussi moutarde, vinaigre, foie gras, thé, chocolat noir et liqueur de Monsieur Jean. Simple visite aura là valeur de beau voyage.
Extrait les échos série limitée, Pierre Léonforté (14-11-2003)

 


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